Salut. Moi c'est Jojo.

J'ai pratiqué l'escrime au Club d'Escrime de Castelnau-le-Lez pendant 27 ans. J'y suis arrivé enfant. J'en suis sorti adulte, blessé.

Entre les deux, ce club m'a fait grandir. Il m'a construit, comme il a construit ceux qui m'ont précédé. C'est à ça que servent les grandes salles d'armes : poser une mesure, apprendre à se tenir, transmettre ce qu'on a reçu.

Ce site n'est pas l'histoire officielle du club. C'est ma mémoire — ce que j'ai vu, ce que j'ai vécu, ce que les anciens avant moi nous ont transmis et que j'ai voulu garder.

Elle est subjective. Elle est incomplète, forcément. Elle est en construction. Si tu l'as croisée, écris-moi : on la complétera ensemble.

Contribuer à cette mémoire

La fondation

Le club est né le 1er octobre 1986.

Je n'étais pas né.

Sa première maison fut le Palais des Sports de Castelnau-le-Lez. Il y est resté plus de trente ans.

Maître Pignon

Maître Pignon. Premier maître d'armes du CEC, depuis sa fondation en 1986. C'est lui qui a posé la main des premiers tireurs castelnauviens, lui qui a façonné la première génération.

Le geste juste, la sobriété, le respect. Une transmission qui ne fait pas de bruit, mais qui marque.

Une mémoire de club commence quelque part. Celle-ci commence avec lui.

J'avais six ans

C'était à la rentrée 1999, au Palais des Sports de Castelnau.

Le maître qui m'a accueilli, c'était Maître Pignon — j'ai eu la chance de croiser ses dernières années d'enseignement, juste avant qu'il ne prenne sa retraite.

Je n'ai jamais vraiment quitté l'escrime depuis.

Les années lumineuses

Pendant des décennies, ce club a été un endroit où l'on grandissait droit.

Des maîtres d'armes qui transmettaient autre chose qu'une technique. Des bénévoles qui donnaient du temps sans le compter. Des gamins qui devenaient des tireurs, des tireurs qui devenaient des amis, des amis qui devenaient une famille.

Quatre maîtres d'armes se sont succédé sur la piste : Maître Pignon, puis Maître Fontaine, puis Maître Montel Marquis, puis Maître Baumert. Chacun a transmis quelque chose de différent — un geste, une exigence, une manière d'habiter la salle.

Beaucoup de jeunes se lançaient dans l'escrime, portés par leurs maîtres d'armes et par les anciens qu'on regardait tirer. J'en faisais partie : je voulais être dans les pas des grands que j'admirais — Frédéric B. et Julien M.

Le , le club a organisé le Challenge Européen Cadettes et Cadets à Castelnau-le-Lez. Un week-end où la salle a vibré comme rarement.

Le club a aussi été terre d'accueil pour des événements plus larges. En , les Championnats de France Séniors d'épée N2/N3 — j'ai eu la chance d'y participer, et de sentir la salle vibrer comme rarement. En , ceux des Vétérans, accompagnés d'un premier titre national par équipe.

D'autres visages — des noms, des anecdotes, des dirigeants et des bénévoles — viendront s'ajouter ici au fil des contributions.

Le club a tangué

Le club a rencontré des problèmes plusieurs fois.

Aux alentours de , après quelques querelles personnelles et politiques, il a vacillé une première fois.

Au milieu des années , c'est la chute des licenciés qui a fragilisé l'ensemble — pas assez de bénévoles, pas assez d'argent, le doute qui s'installe.

À chaque fois, il a fallu recoudre. Patiemment, sans bruit — un point à la fois.

Quinze ans à donner

Au début des années , j'ai commencé mes diplômes d'enseignant. À côté de la pratique, je me suis impliqué un peu plus chaque saison — des cours bénévoles, des remplacements, des dossiers à porter.

En , je suis devenu président. Plus tard, j'ai pris la trésorerie. Plus tard encore, la co-présidence.

Quinze ans à donner — pas plus que d'autres, pas mieux. Une main parmi tant d'autres qui ont fait tenir la salle.

On change de salle

Pendant trente-deux ans, le club est resté au Palais des Sports de Castelnau. C'est là que tout s'est passé : la fondation, les premières générations, mes premières quartes.

En , on a déménagé au Gymnase Jean Moulin, au 315 chemin des Mendrous. Le parquet a changé. La lumière aussi. Les habitudes ont mis quelques semaines à se réinstaller.

Mais les enfants qui entraient le mercredi après-midi, la lame à la main, avaient toujours le même regard. C'est à ça qu'on a su que le club avait suivi — pas la salle, le club.

Le moment où l'acte s'est terminé

À un moment, ce qui faisait tenir le club a vacillé.

Je ne raconterai pas tout ici. Pas par peur — par respect du temps qu'il faut à ces choses pour s'écrire avec justesse. Et parce que cette page n'est pas un tribunal.

Disons simplement ceci : l'honneur s'est mis à compter pour quantité négligeable. Le dialogue a été remplacé par autre chose. Et ceux qui pointaient du doigt ce qui n'allait pas ont fini par être écartés.

J'ai été l'un d'eux.

Ce qui s'est passé exactement, et avec qui, je le raconterai ailleurs, autrement, au bon moment.

Contribuer à cette mémoire

Si tu as connu le club, à n'importe quelle époque, tu as peut-être un morceau de cette mémoire que je n'ai pas.

Une photo, un nom, une anecdote, une correction. Tout est utile.

Transmettre une mémoire

Site en construction. La mémoire prend son temps.